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Pietà      Return to Gallery

Le jour où mon frère est mort, un silence est né.
Il est né depuis les coins de la pièce,
Sur les rideaux fermés, sur le plancher.
Il croisa au delà de la porte fermée—bleu pâle
J’étais debout, devant, hésitant.
Comment entrer, où même penser
À préparer pour l’inévitable mes pieds silencieux?
“Allez” chuchota ma mère.  J’y allai.

La chambre n’était pas tout à fait une chose,
Ou l’âge une gamme, car dans cet instant la maison
Sembla vieille, vidée,
Tandis douce car elle ne parla pas.
Si seulement les murs pouvaient parler. Ils ne respiraient pas,
Mais me nourissaient, toujours le cadet;
Et honnêtement ou non, je me croyais
Moins sage et moins digne de cette chose.

Je pris ma place silencieusement à sa tête.
Les draps recouvraient son corps.  Pieds nus.
Visible, une tâche de sueur venant de ma mère, des larmes
En gouttelettes depuis le matin sur ses cheveux.
Si seulement les murs pouvaient voir, ou la dystrophie fléchir.
Mais ils ne le faisaient pas; ses larmes tombaient seuls.
On ne me permettait pas de voir, mais je les vois maintenant,
Dans ma tête, un homme, leur vérité.

On me força d’aller à l’école, me força de partir
De donner à mes parents leur rite de deuil privé,
Tandis que frère, toujours vivant, courbait son cou
Comme une houlette vers eux,
Offrait la joue pour se faire embrasser.
En premier petits, chaque baiser
Devenu large à la chambre et à la porte—
Les yeux floutés par l’amour, ne pouvant voir.
Mais encore un baiser—seulement un autre, leur unique désir.

Si j’avais la sueur de son front
J’eus su là ce que je sais maintenant—
Comment ma mère pleura en silence;
Comment père était cette chambre:
L’essentiel de sa poitrine retiré—
Ses bras cassés à la fois larges et minces,
Son coeur à la fois lourd et oiselet,
Cueillant à lui femme et fils.—
Pourtant dedans—pourtant dedans, les morts et les mourants.


(Traduit par Michael Bowden)

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