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Une lettre ouverte aux bibliothécaires      Return to Gallery

La lumière absorbe l’étagère où je suis debout.
Elle cherche mon esprit.  Elle cherche ces idéaux
Autrefois tracés par la main
Mais quand dire?  Mais par où regarder
En cherchant le qui et le quoi de moi?

Bibliothécaires, vous savez la vérité honnête de Dieu:
Comment les politiciens furent imprimés au delà du Temps,
Et non l’inverse.  Ils ne sont pas impitoyables,
Non plus formés depuis le lait de la tendresse humaine.
Ils appartenaient autrefois à leurs mères
Qui gardaient leur gêne dans un livre.
Comment ils prenaient un livre au lieu d’une rancune.
Et les budgets—oubliée la prudence!—
Ils écrivèrent des lettres!
Des livres qui les enseignèrent comment écrire,
Des tomes qui les montrèrent comment lire.
Celui-ci composa entre les tomes
Pendant que des mains agiles craquèrent livre après livre
Comme des glumes de maïs, cherchant la Vérité;
Pendant que les yeux fauchèrent les phrases comme des rangs de blé
Des étagères qui sentaient le moisi
Et des jaquettes tissées, enrobées de cuir,
À travers des esprits peuplés, autrefois animaux.
Celui que je tiens était autrefois une vache soufflante.
Sa narine froide, sabot par terre,
Beuglant en naissant.

Je me souviens de quand un livre n’était qu’un livre mais quand
(Et un politicien un politicien uniquement quand)
Il avait mis sous sa contrainte une bibliothécaire, courtisée,
La Providence sa Province; et quand
Un poème était son ardeur et sa foi
Mais a prié, et n’a pas consommé; et
L’Apprentissage n’était qu’une recherche pour la Vérité:
Comment la Vérité ornait le chercheur
Avec les vêtements à lui et les souliers à elle.

Je me souviens des arbres que secouèrent mes pages—
Ni la plastique ni le verre en feuilles, mais
Le cuir cousu sur le bois,
La beauté dans le silence pendant que
L’esprit pur s’ouvrait
Lentement à Celui devenant réel,
Nez à nez avec la sensualité:
L’esprit dénudé de son fouet,
L’Homme de toute sa discipline.
Je me souviens ici le Bon je viens d’humer—
Ces tomes, ces pages, sanctifiés
Au nom de tous Tes rêveurs.
J’étais autrefois une page qui rêva vivant ces
Politiciens devenus lumière.

La lumière absorbe l’étagère où je suis debout
En cherchant le qui et le quoi de moi.


(Traduit par Michael Bowden)

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